«Nous avons opté pour le don d’ovocytes à l’étranger.»

P et B*., un couple Genevois, s’est rendu en Espagne pour bénéficier d’un don d’ovocytes. Ils racontent leur parcours, qui a abouti à la naissance d’un petit garçon.

Dans le berceau, le bébé de huit mois tente ses premiers retournements sous l’œil attentif de ses parents. Le bonheur régnant contraste avec la décennie semée d’embuches qui a mené à cet instant. « Ça a duré une éternité », raconte la jeune maman. Après trois ans de tentatives sans tomber enceinte, mon compagnon et moi avons consulté un spécialiste de la médecine reproductive en Suisse. Nos tests étaient corrects, hormis un nombre restreint de spermatozoïdes. Trois inséminations artificielles plus tard, nous n’avions toujours pas d’explications médicales. C’est lorsque nous sommes passés aux FIV que le biologiste a découvert la faiblesse de mes ovocytes. Comme le médecin restait positif, nous avons retenté une FIV, sans succès. Le manque d’explications nous a poussés à consulter ailleurs.»

Leur nouveau médecin a proposé des alternatives: «Il a découvert que je souffrais d’endométriose et m’a opérée. Les espoirs étaient alors réels, mais lorsqu’il a vu l’état de mes ovocytes lors de la troisième FIV, il a été très clair: adoption ou don d’ovocyte. Après sept années de combat, nous voulions nous laisser encore une chance et avons opté pour l’Espagne.» Là-bas, le plus déroutant a été l’exposition à la «médecine business». «Pour nous faire traiter, nous avons fait la queue comme chez le boucher.» L’organisation relative à ce type de déplacement est compliquée. «Il faut prendre congé, subir les effets secondaires des traitements hormonaux et gérer le quotidien avec le travail sans pouvoir en parler. D’autant plus que les deux premiers transferts se sont soldés par un échec puis, enfin, le troisième a fonctionné!»

Après un important travail sur elle-même, la mère a bien vécu le don, puis la grossesse. Le couple a investi plus de 60’000 francs pour l’ensemble des traitements. Ce n’est pas l’absence de prise en charge financière qui l’interroge: «Mais pourquoi donc le don de sperme est-il autorisé en Suisse alors que celui d’ovocyte ne l’est pas?»

*Noms connus de la rédaction.

Article publié dans le magazine InVivo n°11 en avril 2017 (voir ici)

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